What Comes Around Goes Around…

Sur tout rassemblement il existe des professionnels du buffet. Premiers arrivés sur les petits fours, derniers à savoir ce qu’il s’y passe réellement. Les deux réalisatrices de What Comes Around… Goes Around… jouent malicieusement de cet art du pique-assiette pour débaucher les artistes.
On démarche les lieux ( parfois en direct : commerce, appartement, rue passante, ascenseur ou tout espace de plusieurs mètres carrés pouvant accueillir une sonorisation) pour poser le son et les caméras deviennent un capteur d’énergie improbable. La rencontre de population néophyte face à un vrai concert, avec du vrai volume sonore et des vrais artistes qui acceptent le jeu des concerts sauvages est terrain d’expérimentation et preuve tangible du caractère populaire instantané que doit revêtir la musique en live. Sans l’armada technique Taratatesque de Gérard Pullicino, le montage de l’opération se veut net et sans bavure telle une version féminine d’Ocean’s Twelve.
De la mise en danger sans filet si ce n’est celui du talent pour nous prouver que la musique peut être instrument d’attentat bienveillant. A l’heure ou les actions culturelles se bousculent au portillon par effet de mode et toute demande promotionnelle impose d’envoyer 8 mails auprès d’artistes sur-couvés, le système D de ces 2 compères amène un vent de fraicheur Hollywood Chewing-gum idéal. Le rock ‘n roll plus que des décibels est un art qui s’impose sans permission, ces vidéos en seront la preuve. Le point de départ de tout ce barda : l’aventure « Live(s) ». Un documentaire où durant 6 mois, des lieux de musiques furent visités. Non pour les analyser, simplement vous détailler une réalité brute. Aux 4 coins de l’hémisphère, il reste des passionnés, devant et derrière les barrières des festivals.
Des artistes qui tentent, se jouent des chapelles et des classifications soutenues par des organisateurs qui ne croient pas en l’uniformisation de l’art.

Jocelyn Borde

On récolte ce que l’on sème…